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Cartographie

37 191 hectares.

L’ESSENTIEL
  • Le feu parti du Porge (Gironde) le 22 juillet 2026 a parcouru 37 191 hectares, un chiffre que deux images satellite avant / après rendent enfin concret.
  • Le satellite européen Sentinel-2 repasse au-dessus d’un même point tous les cinq jours environ : l’image « après » d’un incendie peut donc mettre plusieurs jours à exister.
  • Les images sont composées en infrarouge : la végétation vivante apparaît en vert vif, la végétation brûlée en brun, ce qui évite de confondre une brûlure avec un sol nu ou une ombre de nuage.
  • À dix mètres par pixel, une image satellite ne montre jamais l’état d’une maison : cette information vient de la mairie et des pompiers.
  • Ces images servent à comprendre après le feu, jamais à décider pendant : en urgence, appelez le 18 ou le 112 — ou le 114 par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes.
Troncs de pins noircis à la base et sous-bois vert repoussant sur une pente, plusieurs mois après le passage d’un incendie.
Une surface brûlée n’est pas une surface morte : la repousse commence dès les premiers mois — c’est aussi ce que les images satellite racontent. Illustration générée. Les comparaisons Sentinel-2 plus bas sont, elles, de vraies images satellite.

C’est la surface parcourue par le feu qui a démarré au Porge, en Gironde, le 22 juillet 2026. Trente-sept mille cent quatre-vingt-onze hectares. Le chiffre est exact, il est sourcé, et il ne vous dit rien. Personne ne se représente un hectare, encore moins trente-sept mille. On peut le convertir — « cinq fois Paris intra-muros » — mais on ne fait alors que remplacer une abstraction par une autre.

Voici la même chose, autrement.

Image satellite de la forêt du Porge avant le feu, végétation dense en vert vif Image satellite de la même forêt après le feu, surface brûlée en brun sombre

La même forêt, au même endroit, à quelques semaines d’intervalle. À gauche le massif landais ; à droite ce qu’il en reste. Aucun commentaire n’ajoute quoi que ce soit à ces deux images — c’est précisément pourquoi VigieFeux les affiche désormais dans la fiche de chaque foyer.

Pourquoi ces couleurs bizarres

Ce ne sont pas des couleurs naturelles. Sentinel-2, le satellite européen qui a pris ces images, ne se contente pas de voir comme un œil humain : il mesure aussi ce que nous ne voyons pas, dont l’infrarouge. Nous en composons une image où la végétation vivante apparaît en vert vif et la végétation brûlée en brun soutenu.

C’est un choix délibéré, et il a une raison. En couleurs naturelles, une brûlure récente se confond avec un sol nu, une coupe forestière, une ombre de nuage ou un champ labouré. Sur une carte que consultent des habitants inquiets, cette confusion est inacceptable : elle fait voir des feux là où il n’y en a pas, et elle fait manquer ceux qui existent. L’infrarouge distingue les deux sans ambiguïté, parce qu’il mesure l’eau contenue dans la végétation — et une plante brûlée n’en contient plus.

Pourquoi il faut parfois attendre cinq jours

Sentinel-2 est en orbite basse : il tourne autour de la Terre et repasse au-dessus d’un même point tous les cinq jours environ. Si un feu se déclare aujourd’hui, l’image d’après n’existe pas encore. Et si le satellite passe un jour de ciel couvert, il faut attendre le suivant.

Quand c’est le cas, VigieFeux l’écrit : « Pas encore d’image : Sentinel-2 repasse tous les 5 jours ». Nous préférons cette phrase à un carré noir — que l’on pourrait prendre, précisément, pour une terre calcinée de bout en bout.

Cette lenteur est le prix de la précision. Chaque pixel de ces images fait dix mètres de côté, quand les satellites qui détectent les feux en cours travaillent à 375 mètres, voire plus d’un kilomètre. Aucun satellite ne combine aujourd’hui la finesse et l’immédiateté : c’est pourquoi VigieFeux affiche les deux, à leur place respective. Les détections chaudes pour savoir où ça brûle maintenant ; Sentinel-2 pour savoir ce qui a brûlé.

Ce que ces images ne disent pas

Elles ne disent pas ce qui a brûlé en détail. Une surface brune ne distingue pas une pinède rasée d’un sous-bois roussi dont les arbres repartiront. La sévérité d’un feu se mesure sur le terrain, arbre par arbre, par des forestiers.

Elles ne disent rien des habitations. Ne cherchez pas votre maison dessus pour savoir si elle a tenu : à dix mètres par pixel, un bâtiment fait quelques points, et l’ombre d’un toit ressemble à bien des choses. Cette information-là vient de votre mairie et des pompiers, jamais d’une image satellite.

Elles ne disent pas non plus quand, exactement. L’image « après » est celle du premier passage dégagé qui suit le feu : elle peut dater de trois jours ou de deux semaines après l’extinction, et d’autres choses ont pu se produire entre-temps.

Enfin — et c’est le plus important — une image de forêt brûlée n’est pas une information d’urgence. Si vous cherchez à savoir s’il faut partir, fermez cette page : appelez le 18 ou le 112, et suivez les consignes de votre préfecture. Ces images servent à comprendre après, pas à décider pendant.

Le faire vous-même

Sur la carte, ouvrez la fiche d’un foyer et cliquez sur « Avant / après, vu du ciel ». Pour parcourir une zone brûlée en détail plutôt que de comparer deux vignettes, activez la couche « Image Sentinel-2 » dans le panneau des couches, puis zoomez : l’image se substitue au fond de carte à partir du niveau départemental.

Ces images proviennent du programme européen Copernicus, financé par l’Union européenne et l’Agence spatiale européenne. Elles sont publiques et gratuites — les vôtres, au sens propre. VigieFeux ne fait que les demander, les composer et vous les montrer.

Questions fréquentes

Pourquoi les images satellite de zones brûlées sont-elles en fausses couleurs ?

Ce sont des compositions en infrarouge : Sentinel-2 mesure l’eau contenue dans la végétation, ce qui fait apparaître la végétation vivante en vert vif et la végétation brûlée en brun. En couleurs naturelles, une brûlure récente se confondrait avec un sol nu, une coupe forestière ou une ombre de nuage.

Pourquoi n’y a-t-il pas encore d’image « après » pour un feu récent ?

Sentinel-2 est en orbite basse et repasse au-dessus d’un même point tous les cinq jours environ ; un passage par ciel couvert ne donne pas d’image exploitable. L’image « après » est celle du premier passage dégagé qui suit le feu : elle peut dater de trois jours comme de deux semaines après l’extinction.

Peut-on voir sa maison sur ces images pour savoir si elle a résisté au feu ?

Non. Chaque pixel fait dix mètres de côté : un bâtiment ne représente que quelques points et l’ombre d’un toit ressemble à bien des choses. L’état d’une habitation s’apprend auprès de la mairie et des pompiers, jamais sur une image satellite.

Que faire si un feu menace, plutôt que de consulter ces images ?

Ces images servent à comprendre après, pas à décider pendant. En urgence, appelez le 18 ou le 112 — ou envoyez un SMS au 114 si vous êtes sourd ou malentendant — et suivez les consignes de votre préfecture.